Dans sa manière d’explorer les potentialités de la céramique, Océane Madelaine intègre souvent une forme d’écriture (on peut notamment y déceler des liens avec l’art d’un Cy Twombly) ou de la calligraphie. Elle l’insère avec une infinie délicatesse dans le traitement des couleurs qui semblent parfois avoir traversé les épreuves du temps, ce qui leur donne une apparence de fragilité. La plupart de ses créations sont utilitaires, tout en invitant celui qui se sert de tels objets à prendre le temps de les contempler en déchiffrant les multiples réseaux de signes et de formes qu’ils font apparaître, souvent comme en transparence : « Il est primordial pour moi, dit-elle, de donner forme au bol, à l’assiette, au pichet… Peut-être parce qu’ainsi les mains – tant les miennes que les vôtres – se relient à une histoire de l’objet qui vient de si loin, de cette époque étrange où les sociétés devenues sédentaires inventèrent les contenants d’argile…Peut-être aussi parce que je veux croire au miracle simple d’une table dressée avec sollicitude, et que le fait de créer des petites séries de pièces utilitaires est ma manière d’honorer l’espace de la convivialité. Peut-être encore parce que je ne connais guère de geste plus émouvant que celui des paumes entourant un bol comme pour y trouver abri et réconfort ».

Fabienne Houzé-Ricard a une prédilection pour le tracé du fil, la forme ronde, et deux couleurs le rouge et le blanc ; ces éléments s’associent et prennent souvent la forme du nid. Elle la décline en volume ou non, avec des matériaux variés : le verre, des bandes plâtrées, la peinture acrylique. Ses formats vont du dessin intimiste à l’installation qu’elle appelle aussi parfois mises en situation.

La démarche de F. Houzé-Ricard n’est pas naturaliste, le nid est un objet de réflexion. C’est visiblement le fruit d’un travail, plutôt long et complexe, mais précaire. Il est fragile, prêt à se défaire, un peu abîmé,  tombé, avec parfois un léger décalage qui le tire, sans que l’on s’en aperçoive tout de suite, vers le surréel, voire le macabre.  Souvent démultipliés, il contrecarre l’idée d’un lieu unique enfin trouvé. C’est plutôt une recherche jamais terminée de savoir en quel lieu le/se déposer. Défait, réduit à sa forme circulaire, le nid montre ce qu’il cachait, peut-être, le centre du monde, un point mystérieux, une spirale…

Du samedi 5 mai au dimanche 27 mai 2018, Abbaye de Coat Malouen- 22480 Kerpert. Organisation mt-galerie.

Ouvert les samedi, dimanche et jours fériés, de 14h à 18h. Tél. 02 96 21 42 33.

Katrin Bremermann, peintre berlinoise, propose une peinture minimaliste qui joue sur la simplicité de la ligne, des formes, des couleurs, toujours dans un léger déséquilibre et dans la rigueur.
D’origine et de culture japonaise, Haruhiko Sunagawa réalise des structures qui associent la pierre, le bois, le verre et donnent à voir les oppositions vide-plein, gravitation-légèreté, rigueur géométrique et effets de lumière.
Les sculptures en bois, bronze ou acier de Helen Vergouwen, artiste hollandaise, sont souvent partiellement évidées; elles accrochent l’espace, fruit d’un travail complexe sur la forme et l’équilibre.

Galerie Plein Jour,  4 rue Eugène Kérivel (Place des Halles), 29100 Douarnenez.

Les mercredi, jeudi, vendredi : 15h -19h. Samedi : 10h – 12h30 et 15h – 19h