Ronan Descottes réalise des monotypes sur papier en recourant à toutes sortes de techniques, huile, latex…, avec l’utilisation occasionnelle de pochoirs et de décalques ; sa thématique de prédilection tourne autour du visage et du crâne, dans des rapports délibérément ambigus entre apparition et disparition d’éléments susceptibles d’être identifiées, comme si l’action de la mémoire avait altéré toute éventualité de reconnaissance explicite et qu’il s’agissait là de nouvelles formes de « vanité »; plutôt que de figuration, on pourrait plutôt parler dans ce cas de «défiguration » ou de décomposition. Lire la suite dans le book de l’artiste.  (à télécharger)

                                                                                                     

Jane Le Quennec définit son univers « comme étant plutôt comme celui du silence, du mystère et de l’indicible », même si elle dit beaucoup travailler avec les mots et leur aura : «  Le premier de mes désirs est de réussir à donner corps à l’étrange », ce qui inclut une relation avec des phénomènes inquiétants, liés à certaines peurs. La dimension sensorielle de sa démarche est déterminante… Lire la suite dans Arts contemporains en Bretagne, rubrique Installations et interventions in situ, p. 23.

    

Hubert Carré  pratique le collage. Sa démarche relève, selon ses termes, « d’un inventaire critique et ironique de la société, celle du spectacle, mais en tant que rapport anti social entre les images juxtaposées ». C’est donc avec le plus grand soin que Carré rassemble des fragments de texte et d’images provenant de journaux, d’affiches, de tracts… La suite dans Arts contemporains en Bretagne, rubrique Du collage au multmédia, p.15.

     

C. Royant, Fragments III, 2013

Chantal Royant est une figure de l’avant-garde du verre contemporain en Europe. Elle sculpte en jouant sur une palette variée de couleurs, selon  plusieurs  degrés de transparence et d’opacité. « Depuis 35 ans, écrit-elle sur son site, j’étudie et je célèbre la lumière, les couleurs et les formes avec le verre comme médium. Pour moi, la création est une aventure. Je vis le mouvement de la lumière, de la couleur et de la forme comme une libération. Je travaille sur le cycle de transformation de la matière ; dans la fusion (du verre), tout évolue et se transforme, en partant de la plasticité du verre, vers la lumière et l’esprit. La fluidité du verre et la lumière, sont les miroirs de notre propre organisme, de la nature et du cosmos. Je sculpte la dualité de ce jeu entre le solide et le liquide ».
Atelier-Galerie de C. Royant, 11, boulevard Féart, 35800 Dinard. Tous les jours de 10h à 20h. Tél. 06 81 16 44 14.

Ile Wrac’h, S. Marzin, gravure su bois. 2017

La gravure (sur bois ou sur lino, taille d’épargne, taille-douce) joue un rôle majeur dans la démarche de Serge Marzin, en raison notamment de l’aspect contemplatif, voire ascétique que suppose ce type de travail en atelier.

Selon lui, il s’agit tout d’abord d’un mode d’expression qui permet de « cultiver un art où la lenteur est une donnée incontournable », dans le sens d’un approfondissement de ce que l’on cherche à faire percevoir. Ensuite, les techniques de gravure sont associables et s’ouvrent à une multitude de combinaisons : « La gravure nous offre cette possibilité d’utiliser une ou plusieurs matrices et de les agencer, tout comme des polyptiques, et de façon différente. Cette pratique est spécifique à la gravure ; elle permet de travailler et de réunir dans une seule image des moments plus ou moins éloignés dans le temps ». C’est pourquoi Marzin considère que « graver, c’est se situer volontairement dans l’entre-deux, dans l’intervalle de la matière et du signe, entre incision et écriture, entre le minéral et le vivant, dans un espoir d’unité ».

Dans sa manière d’explorer les potentialités de la céramique, Océane Madelaine intègre souvent une forme d’écriture (on peut notamment y déceler des liens avec l’art d’un Cy Twombly) ou de la calligraphie. Elle l’insère avec délicatesse dans le traitement des couleurs qui semblent parfois avoir traversé les épreuves du temps, ce qui leur donne une apparence de fragilité. La plupart de ses créations sont utilitaires, tout en invitant celui qui se sert de tels objets à prendre le temps de les contempler en déchiffrant les multiples réseaux de signes et de formes qu’ils font apparaître, souvent comme en transparence : « Il est primordial pour moi, dit-elle, de donner forme au bol, à l’assiette, au pichet… Peut-être parce qu’ainsi les mains – tant les miennes que les vôtres – se relient à une histoire de l’objet qui vient de si loin, de cette époque étrange où les sociétés devenues sédentaires inventèrent les contenants d’argile…Peut-être aussi parce que je veux croire au miracle simple d’une table dressée avec sollicitude, et que le fait de créer des petites séries de pièces utilitaires est ma manière d’honorer l’espace de la convivialité. Peut-être encore parce que je ne connais guère de geste plus émouvant que celui des paumes entourant un bol comme pour y trouver abri et réconfort ».

Beaj, tirage polychrome sur vélin d’arches 35x50cm.

Thomas Godin est un jeune artiste qui travaille la gravure par la technique de l’eau forte (acide nitrique) sur zinc. La plaque est ensuite encrée et reproduite sur papier. Il aime la gravure qui, pour lui, se situe entre l’art et l’artisanat, en ce sens qu’elle demande un savoir technique associé à la création.

Ses gravures sont imprégnées des  paysages  et  des  horizons  du  Léon,  mais  transposés  dans  une évocation imaginaire abstraite, esthétique; il joue sur les variations de couleurs et de luminosité, ce que permet précisément la  pratique  de l’eau-forte.

Son atelier à Landerneau (29), où se tient également le Fonds Hélène&Edouarc Leclerc dédié à l’art contemporain, est aussi un lieu d’exposition.

G. Guintrand, sans titre, acryl sur toile, 100 x 100 cm, 2015.

Les peintures à l’acrylique de Guillaume Guintrand, jouent du rapprochement d’entrelacs végétaux et d’un travail géométrique rigoureux. Il s’agit pour lui de « juxtaposer des formes concrètes, géométriques, à des formes organiques pour instaurer un conflit entre rigueur et souplesse et diriger le regard. Détourner des images issues du réel, leur adjoindre des séquences, des rythmes dont seules les couleurs forment le lien d’une illusoire part de réalité. »

Ses dessins, qui au départ n’étaient que préparatoires, ont donné naissance à des séries, au format A4, tracés avec des marqueurs à la peinture acrylique. Il dessine chaque soir « et les carnets de dessin se remplissent de motifs tantôt géométriques, tantôt figuratifs, souvent entre deux. » 

 

Viviane Rabaud travaille avec des fils, de la ficelle, des chutes de tissus, auxquels elle ajoute parfois un peu de mécanique. Ses installations occupent avec justesse tous les supports : mur, couloir, espace ouvert, barbelés, plan d’au… Elles s’adaptent avec souplesse, sans violence, aux espaces qui les accueillent, mais ne s’y fondent. Elles accrochent nécessairement le regard, notamment par la couleur. Elles sont de dimension modeste ou monumentales, tiennent dans la main ou s’imposent, avec quelque brins ou des kilomètres de fil…

Dans une démarche participative, V. Rabaud travaille avec les gens, les habitants d’un quartier, d’un bâtiment, des élèves, qui, avec elle, détricotent leur vie, la rembobinent, lui confient un moment leurs rêves, et lui fournissent la matière de ses installations. Avec elle, ils créent des espaces collectifs quotidiens, des liens. Ils se retrouvent artistes. Souvent les mots, dits, racontés, viennent appuyer le sens des œuvres.

« Dans un processus de création humble, sensible, je donne corps à des matériaux et objets anodins,  écrit-elle, en les détournant de leurs usages habituels. Ayant comme préoccupation principale l’idée de rencontre, de rendre compte, l’envie de « lier » et de « créer du lien ».

Mathias, montjuïc, 2017, 120 x 80.

Ce jeune artiste de Brest mélange la photo et la peinture, (aquarelle et acrylique) et utilise comme support le papier, le carton, le polystyrène ou le bois. Ses sujets : des fragments de mobilier urbain, de cargos, machines, parois de containers, des poteaux, bouches d’incendie, avec notées à la main par-dessus, leur coordonnées en latitude et longitude. Ce qui donne une dimension terrestre à ses photo-peintures, un aspect de document de travail aussi, d’autant qu’elles semblent parfois mal cadrées, comme s’il n’y avait pas de préoccupation artistique, ce qui est faux évidemment. Son travail donne à voir les morceaux d’un univers industriel qui semble abandonné, sans intérêt plastique. Mais une mise en forme savante et adaptée les réintègre dans une autre vision. Les couleurs sont rares, le rouge revient souvent comme une signalétique. Le ciel (ou la mer ou le sol) largement présent mais délibérément blanchi, gommé, rend les objets un peu irréels et donne le sentiment d’un monde parallèle.

A retrouver dans le chapitre  Arts contemporains en Bretagne > l’artiste au cœur de la société (novembre 2017) 

Cette plasticienne d’origine britannique, comme elle l’explique sur son site, nous montre « des dessins, des volumes et des photographies qui représentent des carapaces, des boucliers ou des mues. C’est à dire ce qui reste quand le corps a évolué et sur lequel sont inscrits les traces du temps et le vécu… La peau est un témoin social et religieux, solide et fragile, perméable et imperméable… Elle transmet une vérité de laquelle on ne peut se cacher. »

Elle recourt à des moyens techniques très variés, tour à tour de la paraffine, de la craie, des pastels, des teintures… Elle consacre beaucoup de temps à l’exploration de matériaux naturels inhabituels, fragiles et difficilement maîtrisables, tels les boyaux de porc, le collagène, l’alginate, susceptibles de se détériorer peu à peu, ce qui engendre pour elle une forme de tension créatrice. Coudre ces matériaux, les cuire puis les tremper dans des bains contribue à lui révéler de nouvelles pistes de travail, à la surprendre aussi, par delà tout résultat prévisible.

Christine Sutton se sert aussi fréquemment de plaques de zinc, de morceaux de gouttières comme support, jouant sur des formats très différents pour y inscrire ses paysages en utilisant des pastels gras, du graphique, des techniques mixte.

A retrouver dans le chapitre  Arts contemporains en Bretagne > La figuration revisitée . Octobre 2017

Pierre Delcourt vient de prendre sa place dans la rubrique Arts Contemporains en Bretagne, « L’abstraction, du lyrisme à l’épure »  (9 septembre 2017).

Pierre Delcourt_acrylique sur toile

À propos de sa démarche, Pierre Delcourt déclare : « Peinture et dessin constituent un moyen privilégié pour ressentir le monde sensible, pour arriver à ‘voir’. Ma démarche picturale trouve son origine dans la nécessité toujours renouvelée d’éprouver cette présence particulière au monde. J’utilise le plus souvent une palette d’ocres, de terres et de bleu outre-mer déclinés dans une gamme de tons retenus en essayant de toujours préserver une matière vivante et lumineuse. Il me semble que c’est la vibration lente de ces gris colorés qui peut le mieux traduire l’univers de sensations et d’émotions que j’ai approché et que je cherche à restituer sur la toile. Porté par un mouvement qui oscille entre intention et détachement, le tableau s’élabore par strates : recouvrements, effacements, élans et renoncements construisent peu à peu un espace singulier et sensible où chacun peut retrouver une part de lui-même. Résonance intime à la fois lointaine et familière, chacune de ces peintures est le témoignage d’un instant de présence au monde ».

Il a réalisé son dernier livre d’artiste Terres ultimes avec le poète Kenneth White en 2016.

 

Nous avons ajouté dans la rubrique « Lieux d’expositions, galeries », Le Bon Accueil à Rennes, dédié à cet art qui combine dimension auditive et plastique du son, qui le fait entendre et voir tout à la fois (de multiples façons souvent). C’est une vocation plutôt rare s’agissant des lieux d’exposition. Mais n’est pas parce que nous le découvrons qu’il est récent, il existe depuis 2008.

Marie Girard est un peintre abstrait qui depuis quelques années explore la luminosité du noir et ses multiples facettes, en le faisant résonner à l’intérieur de surfaces géométriques tantôt lisses, tantôt striées horizontalement, ponctuées de ruptures et de rythmes qui font vibrer sa peinture. Ses tableaux donnent l’impression d’étendues infiniment vastes. Son travail est fait de rigueur, de  concentration et de lumière.

Marie Girard est une artiste discrète qui vit et travaille en Bretagne. Née en 1963, elle a passé son enfance à Pont-Labbé. (rub. Arts contemporains en Bretagne/Abstraction.)