Sandrine Hurel

Sandrine Hurel

« En mai 2011, j’ai commencé mon apprentissage en Dordogne avec un maître potier, Sophie Houdebert. J’ai appris le façonnage au colombin de grosses pièces, comme le pratiquent les potières du Burkina Faso, la terre sigillée, le polissage, les cuissons « papier », les poteries gallo-romaines, prendre le temps de créer avec peu de moyens, tenir compte des ressources existantes, expérimenter toujours simplement. J’ai ressenti le besoin de me former ensuite avec des outils de production, à Séné, chez Matthieu Lievois. J’ai appris le tournage, le moulage en plâtre, la fabrication des émaux, les cuissons hautes températures. J’ai besoin du contact de la terre chaque jour. Concevoir une poterie à la main c’est une invitation à travailler chaque jour à un rythme particulier l’argile jusqu’à lui donner la forme finale. Travailler la technique du colombin me permet de maintenir un rapport au temps et au rythme plus adapté à mes recherches de formes. J’aime voir la forme évoluer au fil des jours. Je prépare différentes argiles récoltées ça et là en les laissant décanter de 24 heures à plusieurs jours pour en extraire les plus fines particules qui, une fois posées sur la poterie à consistance de cuir, va vitrifier. Plusieurs couches d’argiles superposées seront nécessaires pour obtenir des effets. Après séchage complet, les poteries seront cuites puis enfumées. Je cherche à créer des formes primitives et contemporaines et je m’inspire des techniques gallo-romaines! Ce qui constitue la base de mes expériences. Chaque pièce est unique. J’aime découvrir et faire découvrir la matière dans tous ses états, la métamorphose de l’argile au contact de l’air, l’eau et le feu ».