Présentation Céramique

On constate l’exceptionnelle fécondité de la vie artistique en Bretagne au cours des dernières décennies, notamment dans le domaine des arts plastiques. La céramique en fait partie de plein droit, sans hiérarchie entre les pratiques.

Comme pour les arts plastiques  en général, il ne s’agit pas de se limiter aux seuls céramistes nés dans la région, mais d’inclure ceux qui ont choisi de s’y installer pour développer leur activité créatrice, souvent parce qu’ils y ont trouvé une source d’inspiration particulièrement forte.

Compte tenu de la floraison des artistes et artisans travaillant en Bretagne, on ne peut prétendre à l’exhaustivité (en ce qui concerne la céramique, des annuaires existent d’ailleurs depuis longtemps). Nous souhaitons plus modestement livrer des pistes qui témoignent de la diversité des démarches et pallier les manques d’informations qui perdurent, notamment hors de la Bretagne.

Nous avons cherché à distinguer ce qui relève d’un véritable questionnement artistique d’une simple préoccupation marchande, souvent liée au tourisme, sans vouloir les opposer. En ce qui concerne la céramique, l’ambiguïté est manifeste, car il s’agit d’un art décoratif, d’un art appliqué, et une partie des objets qu’il génère est dotée de fonctions plus ou moins déterminées. Déjà au cours de la première moitié du XXe siècle, le mouvement des Seizh Breur avait bien montré dans quelle mesure art et artisanat pouvaient se conjuguer de manière créative et que le terme « décoratif » devait pouvoir échapper à tout critère de jugement dépréciateur et transgresser les hiérarchies qui pèsent sur le monde de l’art. Mais quel sens accorder au qualificatif de « décoratif » ? Matisse n’a-t-il pas déclaré : « Ce dont je rêve, c’est d’un art sans sujet inquiétant ou préoccupant qui soit…quelque chose d’analogue à un bon fauteuil ».

Dans la céramique, l’art et le quotidien s’entrecroisent presque immanquablement. Pour faire simple, on peut concevoir un intérieur sans tableaux ni œuvres d’art, mais on ne saurait se passer de plats, de bols, de vases… Certes, la plupart de ces objets reposent aujourd’hui majoritairement sur les normes économico-esthétiques de la production industrielle. Néanmoins, on constate un intérêt croissant pour les produits non manufacturés et pour l’artisanat. C’est peut-être la raison pour laquelle les boutiques et galeries relevant de la poterie et de la céramique sont nombreuses en Bretagne, même si elles ne rendent pas toujours compte, loin de là, des risques pris par certains artistes qui ne souhaitent pas adhérer à une image stéréotypée de leur domaine ou se conformer au goût supposé du plus grand nombre.